Affaire rouverte

Tunis → Paname.
من تونس إلى پانام

En 1987, alors que les oreilles de l'Europe ne retiennent que le son du Front National, une autre Tunisie traverse la Méditerranée : celle des réseaux, des routes, des convois. La presse française la baptise « Couscous Connection ». Les juges pointent Habib Ben Ali. Les journaux parlent de hashish, d'Opération Paname, de Marseille à Panam.

Quarante ans plus tard, on reprend la trame. Pas le crime — la culture. Les mêmes routes, un autre fret. Un vocabulaire en arabe, en français, en verlan. Des motifs graphiques qui se prennent pour des logos. Du jersey lourd qui tient du djebba taillé droit.

C'est du streetwear, oui. Mais c'est surtout de l'archéologie culturelle. On porte ce que la diaspora a toujours su : qu'entre Medina et Marais, il n'y a qu'un métro. Qu'un grec à 3h du mat' et un merguez-frites, c'est la même faim. Que "Paname" et "پانام", c'est la même ville, selon qui la lit.

Couscous Connection fait des pièces. Des drops qu'on appelle chapitres. Chaque chapitre, une opération.